DhammaTalks.net
 
Le kamma de la meditation

 
Venerable Ajahn Sucitto
 
La méditation est une profonde activité de transformation. Cela peut paraître étrange car la méditation se présente souvent comme une position assise en toute tranquillité – et en silence. En ce qui concerne une activité quelconque…cela se borne apparemment à quelques actions qui semblent sans importance, comme porter son attention sur les sensations liées à la respiration, ou sur les pensées qui se déroulent dans le mental. La méditation ne semble pas être un processus très significatif. Des gens peuvent demander : « Que sommes nous supposés faire quand nous sommes assis ? » « Qu’est-ce que je dois faire de mon mental pour l’améliorer ? » « A quoi faut-il penser ? » En fait, ce qui caractérise la méditation est le fait que c’est un processus de modération de l’énergie en calmant l’attention, ce qui lui permet d’être plus réceptive, plus ouverte. Une action importante dans la méditation consiste à soigner notre « énergie de faire » afin que la volition ne soit pas agitée, ni indocile, angoissée ou violente, mais devienne claire et tranquille et entièrement attentive au moment présent. Ainsi, plus nous arrivons à modérer notre énergie de cette manière, plus nous arrivons à un résultat brillant, à la confiance et à la clarté ; et plus ces qualités du mental se font jour en nous-mêmes, moins nous nous sentons obtus, agités et confus. Alors, l’agitation, le souci et les tentations de nous distraire disparaissent. Par conséquent, en plus d’un bien-être immédiat et d’une plus grande clarté, la méditation apporte d’autres bienfaits importants dans notre vie : nous apprécions la valeur de la tranquillité et de la simplicité, ce qui nous encourage à laisser les choses se faire. Cela représente un changement important de perspective.

La fonction première de la méditation est une sorte de remède. On l’appelle « calmant », (samatha) : l’installation et le confort des énergies corporelles et mentales. La seconde fonction est la vue profonde (vipassana) qui est plutôt une manière de regarder dans le corps et le mental devenus calmes et de voir ce qu’ils sont réellement. Les deux fonctions marchent ensemble : quand vous vous calmez, votre regard devient plus clair et comme vous voyez les choses plus clairement, l’agitation diminue ainsi que la confusion et les choses à régler. Et au moment où les deux processus prennent fin, le kamma cesse : l’expérience de nos forces intérieures – nos sensations et nos humeurs, nos attitudes et les souvenirs qui nous font vivre – peuvent trouver un endroit de résolution. L’agitation et la confusion peuvent s’arrêter.


Formation de « schémas »

Nous pouvons élargir la pratique de la méditation en agrandissant la conscience du corps quand il est assis, en marche, debout ou couché et également dans l’acte continu d’inspirer et d’expirer. Nous nous occupons ainsi des réalités fondamentales de la vie du corps. Cela nous donne l’opportunité de mettre de côté des questions plus personnelles, spécifiques ou d’actualité et de nous pencher sur quelque chose qui nous accompagne toute notre vie.
Ce qui devient clair, c’est à quel point notre système de vie est dynamique : les sensations corporelles palpitent et changent et les énergies s’élèvent et coulent. Les humeurs oscillent, les pensées courent et étincellent en souvenirs, plans pour l’avenir…alors l’écran du mental peut s’embrumer pendant un certain temps. Nous possédons un schéma physique et un schéma psychologique qui nous disent qui nous sommes, comment et où nous sommes d’un moment à l’autre : mais en réalité le processus est fluide.
Ce qui est attaché ensemble comme « mon corps » et « mon mental » est en réalité un mouvement dynamique de sensations, d’humeurs et d’impulsons qui ralentissent, accélèrent et changent sans arrêt. Ces mouvements agissent mutuellement les uns sur les autres, les humeurs mentales émettent des éclairs et même des chocs dans le système d’énergies corporelles et vice versa. Parfois, un mouvement d’irritation ou de peur, peut causer une crispation, ou le sentiment d’avoir beaucoup de choses à f aire engendre un tourbillon qui ‘me met hors de moi’. Et, bien que ces sensations semblent être « moi », elles n’ont aucune substance durable. La substantialité est ici seulement produite par le jeu confus des énergies physiques et mentales, comme un disque apparemment solide créé par les lames d’un ventilateur en marche.

La dynamique des pulsions qui sous tendent nos comportements et les tendances qui en résultent sont appelées sankhara « formations ou schémas ». Le schéma est actif quand l’intention - le désir de faire – constitue le résultat de ce processus. Une fois établis ces schémas deviennent la norme. Pour employer une analogie, si vous nettoyer un chemin dans un sous-bois, il y a l’impulsion et l’action qui font apparaître le chemin ; ensuite ce chemin devient un « schéma » dont la tendance consiste à encourager les autres à emprunter ce chemin. L’eau descend une pente et crée une vallée – c’est comparable au modèle actif. La vallée est un « schéma » qui va attirer d’autres ruisseaux plus petits. De même, dans la vie, résultant de nos attitudes ou de nos déviations, notre système de pensée et d’action suit un chemin habituel. Si nous avons toujours réagi d’une certaine manière – disons face à des chiens ou à la foule, ou encore, quand nous n’obtenons pas ce que nous voulons – une « impression » s’installe que « j’ai ces attitudes et ces comportements, je suis comme ça. » C’est très significatif parce que le schéma devient un aspect d’identité, la norme qui va déterminer l’attitude consistant à penser que c’est « ma position que je ne veux pas changer » ! Ainsi, le résultat devient la base des actions futures. C’est ainsi que le schéma (sankhara) est le moyen qui permet les actions (kamma) et les effets (vipaka) qui nous caractérisent : « Ceci est moi, c’est ma façon, je m’y tiens. »

Dans la méditation, les schémas deviennent plus clairs. Comme on stabilise l’énergie, il y a moins de confusion. Ainsi, quand vous vous concentrez sur un simple objet stable, les forces et les faiblesses du schéma actif apparaissent. La plus grande partie de ce qui se passe n’est pas dans l’objet de méditation mais dans les énergies du mental qui médite. C’est là que l’agitation, l’intérêt ou la pesanteur du mental se font jour. Si ces empêchements sont éclaircis, le mental s’apaise. Néanmoins, c’est un processus qui s’approfondit : quelques unes des forces qui amènent ces schémas sont latentes plus qu’actives et sont plutôt comme des graines dans un sol bien sec ; elles ne germent que lorsque la pluie tombe. Quand notre système intérieur est chaud et ensoleillé, il peut nous sembler que nous n’avons aucun penchant pour la mauvaise volonté ou le désir des sens, mais il se peut très bien que ces tendances soient dormantes. Par conséquent, pour que la méditation apporte un bénéfice réel, nous devons l’entreprendre comme une opération du mental, pour exposer et résoudre des schémas, qu’il pleuvc ou qu’il fasse soleil…

« Il y a trois canaux pour ces schémas actifs ou aboutissants ». Celui pour le kamma mental ou émotif est citta-sankhara, il se réfère à citta notre sens affectif qui expérimente la signification et les sentiments et amène des réponses et des attitudes. A cause de Citta, parce que nous sommes sensibles, nous interprétons et déduisons du sens. Nous sommes émus en termes de bonheur ou de tristesse. Alors, de la joie ou de la déception (etc.) qui nous ont émus, des objectifs plus délibérés se forment – nous décidons d’agir sur une pensée ou une impulsion. Tout ceci revient à former des schémas. Leur fonction la plus délibérée se produit quand les choses commencent à bouger : nous décidons, nous sommes impliqués, nous agissons – ainsi, produisons du nouveau kamma, et des schémas qui en découlent – nous favorisons et développons des goûts qui deviennent « mon style, mes attitudes, ma manière de prendre les choses ».
La nature habituelle de ce genre de schémas signifie que nous regardons les situations en termes génériques et répondons de façons standardisées. Alors, il apparaît que ‘cela me fait toujours sentir de « cette » manière’.
C’est vraiment ainsi que je me sens, n’est-ce pas ? Le sens du moi arrive très fortement quand nos sentiments sont déclenchés. Nous ne remarquons pas ni ne pénétrons le déclanchement qui nous pousse vers quelque chose qui est parfois douloureux, parfois agréable mais, en général, sur un territoire émotionnel familier. C’est ainsi que nous pouvons être soumis au contrôle ou même à la domination de nos humeurs et de nos pulsions. Il y a une confusion, une accélération, une réaction si quelqu’un a dit ou fait quelque chose que je ne comprends pas vraiment. Ce fait de n’avoir pas compris (avijja) est en soi une force dynamique : elle ignore ou obscurci pendant qu’elle fonctionne et là, se trouve la tendance latente de l’ignorance. C’est le schéma le plus fondamental de nos souffrances et de notre stress.
Le processus de l’ignorance est particulièrement aveuglant quand il soutient des perceptions faussées concernant les autres personnes : « comment devrais-je me conduire ? » « Le problème avec les femmes est…. » Alors, cela devient « le problème pour moi est…. » Même si notre réaction émotionnelle est de mettre nos émotions de côté : « cela n’a pas d’importance » - cela aussi est citta sankhara. Ou bien on est ravi en affirmant la base émotive : « c’est vrai, c’est réel » ou bien on cherche à calmer le jeu. Tout cela est du kamma mental. Il peut être bon, mauvais ou moyen, mais il forme un point de référence mental par des résonances momentanées. Quand les réponses sont basées sur des hypothèses et non sur des investigations, elles sont la marque de l’ignorance.

Le schéma pour le kamma verbal est vaci-sankhara qui engendre les pensées. Il y a dans cette dynamique, deux aspects : l’intellect examine un objet, puis formule un concept pour le nommer, c’est vitakka. En même temps, il vérifie si ce concept correspond vraiment à l’objet, il le raffine, il l’évalue, créant ainsi de nouveaux concepts. C’est l’évaluation, vicara . Tout ce mécanisme est propulsé par une volonté de définir, de clarifier et de planifier. Ces résidus signifient que le mental est souvent surchargé de mouvements d’évaluation, de conception, de planification et de réflexion…nous pouvons être un penseur impénitent ou même angoissé, ou quelqu’un qui aime penser, qui aime la possibilité de fabriquer des idées. Ou notre pensée peut se développer par à-coups, confuse et irrégulière, sans confort, occupée à se demander comment s’arrêter. Nous pouvons être agités, absorbés par notre bavardage intérieur sans voir les choses en face, telles qu’elles sont. Ainsi, les formes verbales et leur dynamisme affectent le mental : nous sommes contents de nos pensées qui nous fascinent ou nous dépriment et par notre capacité de penser. C’est ainsi que le kamma verbal nourrit le kamma mental et devient une source d’actions.

Pour finir, le schéma pour le kamma corporel est kaya-sankhara, le schéma de l’énergie corporelle qui s’appuie sur l’inspiration et l’expiration comme condition de base nécessaire. A cause de la respiration le corps, tout à son énergie (ou au repos), est un processus dynamique. Et sa vitalité (ou son manque de vitalité) nous enchante (ou nous déçoit). Ainsi, tout cela affecte citta, le mental affectif.

C’est ainsi que tout cela revient au citta-sankhara en tant que générateur de kamma nouveau, celui qui interprète l’expérience comme « moi » et « le mien ». Par-dessus tout, c’est avec ce schéma que nous devons travailler le plus dans la méditation. Avec samatha, nous calmons et affermissons le cœur – processus soutenu d’un côté en clarifiant et en dirigeant la faculté de penser et d’un autre côté, en vivifiant et en consolidant l’énergie corporelle. Quand nous soignons ces schémas, nous les contemplons avec la vue pénétrante : ce processus mental quand je le considère comme moi-même ou mien, cela me mène-t-il à la tension ou au stress ? Et comment cela est-il ressenti comme mien ? Parce que cette vue du moi est ce à partir de quoi nous agissons, c’est la base du kamma, et les résidus qui en résultent qui vont déterminer notre vie.


Travailler avec les schémas pendant la méditation.

Le mental affectif contient un potentiel important en termes d’attitudes et d’attention. C’est pourquoi il est important d’avoir la juste qualité de cœur pendant la pratique de la méditation. La vie quotidienne peut être pleine de tensions et s’asseoir et attendre des résultats de cette assise est un défi. Comme la méditation demande de se concentrer sur une partie du corps, cela peut paraître si sec, si ennuyeux qu’il vous faut vous y forcer par un sens du devoir qui finit par vous rendre crispé et tendu. Si vous êtes empli de ces affects, il n’y aura pas d’épanouissement et vous cesserez de méditer parce que bien que vous sentiez qu’il faudrait le faire et que : « je devrais en tirer quelque chose », « ce que je n’arrive pas à faire…alors, « qu’est-ce qu’il y a qui ne va pas chez moi pour que je n’arrive pas à méditer » ? Cela affecte notre bonne volonté et nous hésitons ou supprimons carrément la pratique.

Bien que la méditation implique citta, elle doit impliquer aussi les attitudes, les significations et les humeurs. C’est pourquoi l’attitude initiale est importante : il est temps d’approcher votre expérience avec bienveillance. Prenez le temps de remarquer la sensation d’espace autour du corps ; prenez le temps de vous y installer et d’y rester assis. Arrangez-vous pour n’être rien de spécial, pour n’avoir rien à développer ni à régler en ce moment. Prenez le temps d’être présent et d’approfondir des attitudes simples où vous souhaitez le bien de tout le monde : « Puissé-je aller bien ! Puissent les autres allez bien » !

Tout cela influence le fonctionnement de la pensée. Et lorsque l’habitude volitionelle de votre vie de travail demandent de vous presser pour faire ce qu’il faut, pour obtenir des résultats, sortir de cette habitude revient surtout à la remplacer en vous accordant tout le temps du monde pour vous adapter simplement et calmement aux schémas des sensations corporelles, ou à la façon dont vous êtes conscients de votre corps assis à cet endroit.


Je recommande cette approche parce que, pour beaucoup de gens, l’énergie intentionnelle, particulièrement par le mental pensant, est tout à fait excessive. Notre mental court en tous sens et il en résulte une certaine angoisse pour le calmer. C’est une attitude générale envers la vie : « la vie est un combat. Il vous faut travailler dur. Il vous faut la mériter… Vous devez faire de votre mieux… Soyez dans le monde et faites la travailler pour vous... » Des notions de ce genre donnent le sentiment d’être toujours pressé, bousculé. C’est tout à fait la mentalité du monde moderne.

Nous trouvons difficile de rester attentifs à notre corps et à notre mental sans essayer très vite d’améliorer les choses. C’est pourquoi de nombreuses personnes quand elles essayent de méditer font tout d’abord un mouvement de balançoire en s’élançant d’abord très fort pour ensuite se trouver fatigués et retomber très bas ; d’abord ils se tendent, puis se relâchent. Mais, si nous sommes trop tendus, rien n’est clair et si nous sommes trop relâchés, nous ne clarifions rien non plus. La meilleure façon est quelque part au milieu, le « Chemin du Milieu » de l’attention. Ainsi, nous vérifions nos attitudes et notre volonté. Nous allons de « il faut que je fasse bien » à « prenons seulement les choses une à la fois ». Nous ajustons notre attention de façon à rendre le mental efficace, fluide, intéressé – même enjoué -. C’est un entraînement pour le cœur. Ainsi, nous relions la concentration au cœur : « quoiqu’il arrive, je souhaite pouvoir m’y stabiliser et m’y appuyer ».

Quand nous travaillons dans la méditation à partit de schémas verbaux et mentaux, nous entraînons le mental à être conscient de la manière dont nous pensons et de ce qui en résulte. Nous entraînons le mental à faire ce qui est important et suffisant : c'est-à-dire aider l’attention a déconstruire la complexité de la pensée spéculative ou analytique. Ainsi, on remarque seulement « ceci est inspirer », « ceci est expirer », « ceci est marcher ». Et on réalise « cette que sensation est douce », « cette respiration est longue ». Il ne faut pas toujours utiliser une remarque verbale, mais au moins éveiller notre attention, comme si nous définissions ce que nous expérimentons sur le moment : le corps est ceci, il sent de cette façon, nous sentons sa chaleur, sa solidité, les pressions qui s’y produisent, etc.

Travailler avec Kaya-sankhara signifie se référer à l’énergie corporelle. Nous pouvons sentir notre corps bien rechargé, heureux de son éclat et de sa vigueur, ou, au contraire, nous sentir fatigués de sa mollesse et de ses déséquilibres, de ses changements hormonaux, des ses énergies sexuelles et de toutes ces choses qui produisent la sensation d’être dans ce corps. La manière dont ce corps est directement expérimenté et la manière dont je me sens moi-même dans ce corps, tout cela est du domaine de kaya-sankhara. C’est l’expérience toute entière formatrice, active, impulsive du corps, ce n’est pas une chose que nous pouvons voir avec les yeux ; ce n’est pas la chair et les os. Ainsi, au lieu de nous attacher à son apparence extérieure, nous nous branchons sur ses schémas – pressions du corps, ses élans, son poids et sa chaleur. La plupart d’entre nous peuvent bénéficier de l’effet stabilisant de sentir le corps de cette façon élémentaire. Cela nous aide à prendre conscience des dynamismes de l’incarnation et de mettre en marche sa sensibilité.

Ainsi, dans la position assise de la méditation, il est bon de prendre le temps de stabiliser le corps, bien l’installer, bien savoir comment il s’assied, le redresser, et relâcher ce qui est tendu. Il y a là une harmonisation générale, n’est-ce pas ? S’asseoir, marcher, être debout – cela peut prendre un certain temps pour trouver un bon équilibre à cause des restes de mauvaises positions ou des tensions du corps. Cependant, référez-vous à ces deux bases : tout d’abord la colonne vertébrale – essayez de vous asseoir, de rester debout et de marcher avec la colonne vertébrale bien droite, depuis le sommet de la tête jusqu’en bas, comme si vous étiez suspendu. Cherchez un équilibre qui produit le moins possible de stress. Ensuite, laissez votre corps sentir l’espace qui l’entoure – cela aide à détendre le devant du corps.
Si les choses se « détériorent », continuez à revenir à ses points de référence importants.


Relation entre le corps, la parole et le mental.

Il est bon de donner un sens à la façon dont nous maintenons le corps. Bien que le kamma soit réellement produit pas Citta, c’est par ses attitudes et ses émotions que le corps fabrique l’énergie pour cela. Il est difficile de garder une méditation heureuse si votre énergie corporelle est hors jeu. Il est également difficile d’être troublé si l’énergie de votre corps se sent détendue et brillante ; la dépression ne traîne pas. Alors que, si votre énergie corporelle se sent grise, mollisante et irrégulière, très vite elle mène à une situation de dépression et d’apathie. Si votre énergie corporelle est vive et active, à ce moment votre cœur se sent tout exité ; ainsi le corps et le mental sont très liés
D’autre part, si votre cœur est passionné et plein de force, votre corps reçoit le signal de produire plus d’énergie, alors le système nerveux commence à s’échauffer. Le corps reçoit un signal de Citta - plus d’énergie, encore plus d’énergie – et vous devenez tendu, prêt pour une « action de combat ». Remarquez seulement combien d’énergie nerveuse vous pouvez utiliser quand vous êtes troublé par l’environnement. Remarquez à quel point cela peut-être épuisant. Entraînez-vous à trouver un bon équilibre entre résolution et accord, ce qui veut dire que vous ne soutenez pas des idées ou des impératifs tels que vous ne puissez les tenir sur un plan de capacité énergétique. Rester assis jusqu’à ce que je réalise l’illumination totale a plus de chances de vous créer une rupture de ligaments des genoux et de vous amener des conflits entre pensées et humeurs que de vous apporter le résultat espéré !

Cependant, nous pouvons calmer le mental affectif en le reliant aux simples rythmes de la respiration. Nous pouvons lui donner une place réconfortante et intime de telle sorte qu’il n’a pas besoin de s’agiter en tous sens. Nous pouvons respirer nos humeurs et découvrir où elles se trouvent dans le corps – dans la poitrine serrée, dans le diaphragme raidi, ou dans la gorge fermée…Placer l’attention sur ces endroits, comme si on les massait, donner à Citta un espace agréable où s’installer et où il peut s’activer adroitement et se trouver satisfait. Ainsi, l’interconnexion fonctionne de manière positive et vous pouvez vider les tensions du cœur en les contenant dans le flux des processus corporels. Tenir le corps de cette façon est un kamma adroit parce que, lorsque nous sommes en contact avec les énergies et les rythmes du corps, le système nerveux tout entier se trouve bien accordé et massé par un contact simple et régulièr.

Le modèle verbal et le modèle corporel sont également liés. Le Bouddha a dit que, à trop penser on fatigue le corps et cela affecte le système nerveux. (Notre idée que le corps est fait de chair et d’os n’a pas beaucoup de sens.) Souvent les gens sont confus par excès de verbalisation – le travail de bureau peut-être épuisant et si l’on n’arrive pas à ajuster l’énergie à une fréquence plus basse, tout le système s’épuise en crises de nerfs. C’est un mauvais Kamma non par de mauvaises intentions délibérées mais par le fait de négliger le système qui régit notre vie. Pourtant, si vous pensez qu’il faut arrêter de penser, vous combattez ! Mais si vous remarquez les effets produits par la pensée, vous commencerez à faire machine arrière…et si vous amenez cet espace ainsi gagné à agir sur les tendances émotionnelles en dessous de la pensée, l’empathie et la clarté se développent. Alors, les pensées et les humeurs trouvent leur résolution et cela produit un effet énergétique ; le mental se calme d’une façon merveilleuse.

Ainsi, dans la méditation, il peut y avoir des mouvements énergétiques subtils ; parfois ce sont des diminutions de tensions. Vous videz les pensées dans le cœur et vous videz le cœur dans le corps et en respirant vous videz le corps – ses tensions, son rayonnement et ses sensibilités – dans l’espace autour de vous. Mais ce « lâcher » n’est pas un épuisement mais une ouverture des énergies du corps et du mental sur une vastitude réceptrice. Et avec tout cela, pour maintenir l’équilibre, il vous faut un bon centre bien solide qui ne soit pas tendu. C’est ce que la respiration consciente procure.



La respiration pendant la méditation.

Pendant la pratique de la conscience de la respiration (anapanasati) vous passez par tous les schémas pour réaliser la liberté, ce que nous pourrions appeler « le sans-schéma ». Les schémas de mental, de la parole et du corps sont tous utilisés dans le processus de la méditation. C'est-à-dire que quand vous vous installez dans la position assise, vous modérez votre capacité de parole en mettant votre attention sur l’inspiration et l’expiration, pour être clair et pour vous y tenir solidement pendant toute une inspiration et pendant toute une expiration – cela a un effet certain sur le mental pensant. Je peux penser beaucoup, beaucoup de choses pendant une inhalation. Mais, rester vraiment sur une inhalation et ne faire que cela, c’est un entraînement pour calmer et tranquilliser le mental pensant. Alors, comment faisons nous cela ? Nous pouvons utiliser un mantra comme « Bouddho » en pensant « Boud » en inspirant et, en laissant le son de cette syllabe s’étendre tout le long du processus corporel. Puis, la même chose avec « dho » à l’expiration. Ou nous pouvons avoir une pensée en nous demandant : « comment puis-je savoir que je respire ? » Et alors, évaluer l’expérience de la respiration telle qu’elle se produit réellement. Nous pouvons garder ce sens d’investigation focalisée. Cela ne demande pas beaucoup de réflexions mais une pensée pleine. Nous sommes sérieusement en train de considérer quelque chose, en train de l’écouter, de l’attraper. Où est-ce maintenant ? C’est dans la poitrine, quelque chose qui gonfle, qui serre et disparaît. En cela, nous sommes réellement avec ce qui se passe et l’enregistrons. C’est du kamma adroitement conçu parce que cela clarifie le mental mais aussi le calme. Si vous faites cela vous ne pensez pas à d’autres choses. Cela amène à un arrêt, non par annihilation, mais par un phénomène d’accord.

L’entraînement consiste à être simple. Donnez-vous le temps qu’il faut pour arriver réellement à la simplicité. Rien que cela renverse les mouvements habituels de la vie. Et, si vous perdez l’objectif, n’en faites pas un problème. Cela pourrait retourner vers une autre habitude de citta. Ainsi, si vous ne faites jamais plus que remarquer que vous vous êtes égaré, et à ce moment vous demande simplement : « qu’est-ce qui se passe avec la respiration maintenant ?... » et attraper la moindre sensation qui se présente avec la respiration, c’est bien. Vous déplacez probablement d’énormes résidus, juste en faisant cela. En devenant plus léger et plus simple, le reste de la pratique suit.

En fait, le Bouddha ne commence pas avec tout un ensemble de raffinements. Par exemple, en ce qui concerne la respiration, il dit simplement : « soyez conscient de votre inspiration et de votre expiration ». Il ne dit rien sur l’endroit où fixer votre attention. Il nous encourage seulement à être conscient de l’inspiration et de l’expiration et du rythme. Pour moi, c’est très intéressant parce que le rythme agit sur le cœur. Tous les musiciens savent cela ainsi que les mères de famille qui bercent leur bébé. Si la concentration est tendue, essayez seulement de recevoir le rythme – le léger gonflement de la poitrine, le tour de la taille qui se contracte et se relâche ou le léger mouvement du ventre, quelque chose qui revient régulièrement et que l’on remarque facilement. Soyez seulement conscient du corps comme le schéma des sensations régulières qui apparaissent avec la respiration.

Mon expérience me dit qu’il y a différentes formes de schémas corporels que l’on peut éprouver en inspirant et en expirant.. Tout d’abord, on peut ressentir l’aspect purement physique de la respiration, par exemple le gonflement régulier de la poitrine ou de l’abdomen, la contraction et la détente de la peau. Puis, on peut sentir le passage de l’air dans le nez et dans le fond de la gorge. Troisièmement, il y a l’effet énergétique : quand vous inspirez, vous éprouvez un effet stimulant, quand vous expirez, vous sentez un effet calmant. Ce sont trois niveaux de l’expérience de la respiration.

Je mets l’accent sur l’effet énergétique parce que c’est dans ce domaine que vous éprouvez l’extase (piti) et le bonheur (sukha) qui vous emmènent plus profondément. C’est cette énergie qui résonne dans le mental et quand vous vous trouvez dans le bonheur, le mental est satisfait et bien installé. C’est le Samadhi – généralement mal traduit par « concentration ». Cependant cet aspect de la respiration peut-être négligé parce que nous concevons notre corps et sa respiration d’une façon purement matérielle ; inspirez, les poumons se remplissent puis expirez, ils se vident. C’est cela respirer ! Nous avons tendance à nous bloquer là-dessus et à nous concentrer sur quelque chose où l’énergie n’est pas apparente ; ainsi l’extase et le samadhi sont difficiles à trouver. Mais, si nous nous contentons de mettre le concept du corps de côté en demandant : « comment est-ce que je sens mon corps en ce moment ? » nous pouvons peut-être sentir le corps d’une façon plus dynamique. Nous pourrions trouver qu’il y a toutes sortes de tremblements, de surgissement, de tintements et de palpitations qui de manifestent. Aussi, le corps est très intelligent. Il semble savoir ce qu’il faut faire. Quand il se sent tendu, si le mental « s’enlève du milieu », il se relâche. Quand il a besoin d’inspirer, il le fait. Il n’expire jamais quand il a besoin d’inspirer ! Il ne mélange jamais les deux ! Ainsi, nous avons un système intelligent qui va se régénérer lui-même. Tout ce processus est le schéma corporel et la respiration est juste en son centre comme une expérience énergétique.

Alors, nous pouvons raffiner le processus en accordant le mental conceptuel avec toute la longueur de la respiration qui nous relie avec la détente et la tranquillité de la fin de l’expiration et avec la plénitude complète et le calme de la fin de l’inspiration. Cette solidité, cette arrivée à la tranquillité, est un aspect de l’énergie corporelle que nous ratons au cours de notre façon animée et dynamique de vivre. Et, avec cette pleine tranquillité, vient un effet somatique et émotif. On se sent profondément relaxé, rafraîchi, tendre en profondeur, avec le sentiment d’être accompli. C’est le commencement de l’extase et du bien-être. C’est une sensation d’être dans le courant. Ce n’est pas seulement que vous agissez bien – mais que de bonnes choses vous adviennent – et qu’au moment où vous en devenez conscient, votre citta et votre corps se calment, la respiration se fait plus douce et tous les effets combinés emplissent tout le système. Le mental pensant, le coeur et le corps se réunissent, ils commencent à être unis. C’est ce qui est signifié par « concentration » (samadhi), le brillant résultat de la méditation.


Le samadhi comme kamma.

Avec la méditation sur la respiration, vous pouvez vous accorder avec le sens d’être touché par la respiration, le sens tactile plus que la pensée ou le sens visuel qui dominent habituellement notre vie. Le sens tactile est instinctif, il peut dépasser le processus de la pensée ; nous pouvons nous rappeler comment nous avons laissé tomber un plat brûlant avant même de savoir qu’il était brûlant, ou comment nous avons sauté pour éviter un danger avant d’avoir réalisé qu’il était là. Le corps s’occupe de la survie physique, c’est pourquoi il ne peut pas toujours attendre que le cerveau émette une réponse. Ainsi le sens tactile est hautement sensible et réactif agissant, de façon non verbale. Et, c’est intime : quand je touche quelque chose, cette chose me touche…ainsi il doit y avoir un fond de confiance. Le processus sans faute de l’inspiration et de l’expiration est à peu près le plus sûr que l’on puisse trouver dans cette vie, il supporte cette attitude de confiance. Quand on a confiance on se relaxe. D’où, se trouver dans la respiration = sensibilité et relaxation – Brillant Kamma.

Si vous maintenez la conscience de l’impression tactile de la respiration avec cette sensibilité, la concentration méditative, le samadhi apparaît. Le samadhi est beaucoup plus que la concentration que nous pourrions développer en travaillant sur des problèmes ou en nous absorbant dans des divertissement passionnants. Ces occupations fonctionnent plutôt en noyant l’attention qu’en l’entraînant. On ne développe pas beaucoup d’habileté à ressentir et à gérer nos schémas en regardant la coupe du monde !

Evidemment, comme le samadhi est le résultat du Kamma, il dépend de l’espèce de volonté ou d’intention que vous y mettez. Si le mental n’est pas intéressé ou s’il n’est pas assez résolu, alors il peut être lié avec et résulter en une intention non concentrée – alors il doute et erre sans objectif. Si l’intention est trop forte et impatiente, alors le mental manque de réceptivité et n’a plus la capacité d’apprécier et de se réjouir. Par conséquent, il n’y a pas le soulèvement nécessaire pour rafraîchir et calmer le mental. Ainsi, la façon dont les facteurs du samadhi sont en jeu est quelque chose qu’il ne faut pas oublier.

D’abord, concevoir et évaluer tout cela va créer une référence pour la respiration et donner le schéma de ce qu’elle doit être. On amorce et guide la respiration avec une suggestion appropriée telle que « comment sais-je que je respire ? » « Comment cela marche-t-il en ce moment ? » Puis, on peut chercher des effets plus subtils : la durée de la respiration, le point d’impact et les résonances en termes de sensations. Vous pouvez utiliser votre pensée pour diriger l’attention sur la manière dont les schémas se combinent : quand une volée de pensées s’élèvent, plutôt que d’y penser, demandez-vous « comment est-ce venu dans mon corps ? » ou « comment est-ce en mon cœur ? » Penser amène en général une certaine tension dans le champ de l’énergie corporelle ; elle peut paraître plus chargée ou plus dure. Il peut se produire une augmentation de l’énergie dans les épaules, les mains ou le visage. Il peut y avoir une légère contraction du diaphragme – mais alors, « où est la respiration en ce moment ? » Cela aussi va être affecté ; souvent son amplitude va se réduire. « Alors, si j’attendais la prochaine expiration en la laissant passer dans tout le corps ? » Faisons cela.

Egalement, avec le cœur : la pensée crée un tourbillon et une agitation ; mais plutôt que réagir au contenu de la pensée, sentez la vivacité, l’urgence, le bouillonnement, qui se déroulent : « quel est le sens émotif de tout cela ? » Parfois, il y a l’angoisse ou l’urgence de faire quelques chose ou il pourrait y avoir l’impression d’une blessure sous la complainte des pensées ; ou l’étourdissant tournoiement qui accompagne toute idée importante – qu’il me semble avoir en grand nombre quand j’essaye de méditer !
Puis, quel est l’effet de tout cela ? Mais, plutôt qu’analyser les choses et vous gronder vous-même pour vous être dispersé encore une fois et …combien de fois… dites-vous : « puissé-je être bien dans mon cœur. » Puis : « pourquoi ne pas suivre la respiration maintenant ? » Si la pensée est simple et attentive, elle éclaire l’attention et l’amène au bien-être subtil qui est le calme du corps et du mental. C’est l’extase et la tranquillité, la seconde paire des facteurs du samadhi. Ces facteurs de ‘bien-être’ sortent alors le mental de la convoitise et de la critique, de la somnolence, de l’inquiétude ou du doute. Ils chassent les empêchements en travaillant sur les énergies de la tension, les irrégularités, l’engourdissement qui amènent la mauvaise volonté, le doute, l’agitation et les désirs. Tels sont leurs principaux objectifs et leur effet médicinal.

La concentration en un seul point (ekaggata) est le dernier des facteurs à se produire. C’est le résultat de l’utilisation du mental lorsqu’il est dirigé vers l’extase et la tranquillité qui sont prédominantes dans le domaine de l’énergie corporelle quand le système n’est pas dérangé par les empêchements et les distractions. Au commencement, malgré le terme « concentré en un seul point » cela se produit quand on considère « tout » le champ de l’énergie corporelle. En général, l’attention se fixe sur un endroit du corps, disons le fond du passage nasal ou le diaphragme ou partout où on se sent confortable – là où les déséquilibres, les tensions ou la mollesse de l’énergie corporelle disparaissent. Mais lorsque le centrage se produit avec l’extase, plutôt qu’une prise serrée, il se produit un effet rayonnant et l’énergie respiratoire remplit tout le corps. Les côtés durs et la raideur se dissolvent et le corps est ressenti davantage comme un « champ d’énergie ». Le bien-être stabilise alors l’attention pour contrecarrer tout vertige ou toute appréhension. Il en résulte que l’on se sent soutenu par une énergie de fond. Quand tout cela se développe en en effet durable, c’est l’absorption (jhana) le résultat adroit de samadhi.



La fin du kamma par la vue profonde

Tout cela est de la nature du Kamma, de causes et d’effets créés par les schémas dans le présent. Le samadhi lui-même s’appuie sur des dispositions (schémas constitués dans le passé) et, naturellement en crée pour l’avenir. Gardant tout ceci en mémoire, il est bon de se rappeler que le but de la méditation est la libération des schémas. Le samadhi nous procure une libération temporaire de certaines formes kammiques – comme différents sentiments - le désir, le souci, ou la mauvaise volonté dans le présent – et ainsi cela nous donne un ‘certain goût que c’est bon’. Il est bon d’avoir les énergies rassemblées – le cœur n’est alors pas affecté par les impacts arrivant de n’importe où, dus au hasard. Ainsi, quelque soit le niveau de samadhi, produit par la méditation le message de ‘lâcher prise’, passe. Et cela change notre vision.

Cependant, il se peut que l’on ne puisse pas avoir couramment la disposition ou la possibilité de développer le samadhi jusqu’au niveau de l’absorption. Alors, la notion même de « d’avoir le samadi » peut amener des schémas angoissants comme : « puis-je y arriver ? » « Je suis un incapable » etc. En accord avec cela, le point imortant de l’enseignement pour celui qui développe - ou qui ne développe pas - un samadhi fort, c’est qu’ il convient de se servir et de scruter les schémas avec la vision profonde. Son énergie formative, recueillie ou non, dirigée ou flottante, est quelque chose qui peut être reconnu à n’importe quel niveau. Pour parler simplement, cela veut dire que l’humeur et l’énergie en cours n’ont pas à me contrôler. Le schéma n’a pas à être « moi » ou « mien ». Quand vous voyez les choses de cette façon, vous pouvez pratiquer en de nombreuses situations : vous vous concentrez sur les humeurs et les instincts que se lèvent, avec attention et détachement, plutôt que de vous dire « c’est à moi, c’est moi », « je m’y tiens », « c’est mon essence immortelle, mon soi ». Ainsi, vous n’avez pas à créer un nouveau kamma fondé sur le vieux. kamma.

Remarquer que les émotions sont liées aux états du corps aide à mieux émerger de cette notion que je vis dans ma tête avec un morceau de viande et des os qui me permettent de me déplacer. Le corps n’est pas séparé du mental : en pratiquant avec cette vue tous les jours et pendant la méditation, vous arrivez à développer les moyens adroits pour sortir des vieux schémas. Ainsi, quand un échange verbal devient surexcité, il est bon de s’accorder avec se qui se passe dans le corps…Les paumes des mains, les tempes et les yeux indiquent très bien l’énergie que nous émettons. Cette énergie a-t-elle besoin d’être relaxée ? Parfois, je remarque que, en évoluant et en ajustant la vitesse de la méditation marchée, on peut modifier les attitudes et les humeurs ; ou en adoucissant et en diffusant le regard. Ou bien, vous vous sentez fade ou déprimé : est-ce que votre corps est tout à fait présent, poitrine, gorge ? Peut-être qu’en y mettant votre attention avec une attitude aimable, va aider l’énergie à s’élever et à relever l’état du mental.

Ces conseils ne sont que des points de vue, des moyens de révéler les schémas pour ce qu’ils sont. Il n’y a en réalité pas grand-chose à faire, il suffit de les reconnaître pour ce qu’ils sont. Alors, la tendance de leur résister ou de nous identifier a eux diminue. Lorsqu’on considère simplement leurs énergies comme des énergies, ils ne sont plus soutenus par l’idée de « je suis ». N’étant pas soutenus par cette idée, ils se calment. Et c’est ici le point important de la vue profonde. Car, en expérimentant les schémas sombres aussi bien que les brillants tels qu’ils sont, on ne maintient plus l’impression : « je suis dans un état de bonheur » ou « j’argumente » ou « on me rend fou ! » C’est cette vue de nous même qui nous préoccupe en cherchant et en nous accrochant à faire bonne impression et en écartant les mauvaises ; l’énergie est dirigée soit par la clarté, soit par l’ignorance. Ainsi, si nous abandonnons peu à peu les vues fausses, nous pouvons alors aborder la vie sans qu’elle nous malmène.
Il n’y a pas quelqu’un qui est ceci et devrait être cela, ce sont seulement des dispositions et des inclinations. Nous n’avons absolument pas à nous préserver nous-même, à nous défendre, à nous créer d’un moment à l’autre. Le Kamma peut s’arrêter.

C’est comme se gratter ou fumer, même si vous pensez que ce serait bien d’arrêter, bien que vous vous sentiez assez fort pour y parvenir, votre système ne le fait pas, sauf s’il sent que s’arrêter vous apportera un certain bénéfice et que vous avez assez de fermeté pour le faire. Ces qualités de bien-être et de fermeté sont développées dans la méditation de samatha qui ouvre et guérit les dynamismes de votre système et permet à la clarté de pénétrer dans les régions et les aspects de vos modèles qui sont souvent oubliés dans la vie quotidienne. Et, comme ils marchent ensemble, le calme et la vue profonde permettent au kamma de s’arrêter.

 
***
 
Source : http://www.forestsangha.org
 

Home | Links | Contact

Copy Right Issues © DhammaTalks.net