[ yodhājīva: guerrier ]
Cinq types de bhikkhus comparés à cinq types de guerriers en relation à leur capacité à restreindre leur sens et faire face à la tentation du sexe opposé.
Bhikkhus, il y a cinq types de guerriers qu'on trouve dans le monde. Quels sont ces cinq?
Il y a le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le terrassent et l'achèvent. Il y a des guerriers de ce type. Voici le premier type de guerrier qu'on trouve dans le monde.
Il y a le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis. Mais pendant qu'on le transporte vers sa famille et ses amis, avant de les avoir atteints, il meurt sur le chemin. Il y a des guerriers de ce type. Voici le second type de guerrier qu'on trouve dans le monde.
Il y a le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis, qui le soignent et s'occupent de lui, mais il meurt de sa blessure. Il y a des guerriers de ce type. Voici le troisième type de guerrier qu'on trouve dans le monde.
Il y a le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis, qui le soignent et s'occupent de lui, et il guérit de sa blessure. Il y a des guerriers de ce type. Voici le quatrième type de guerrier qu'on trouve dans le monde.
Il y a le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Lorsqu'il gagne la bataille, victorieux au combat, il sort du tout devant de la bataille. Il y a des guerriers de ce type. Voici le cinquième type de guerrier qu'on trouve dans le monde.
Voici, bhikkhus, cinq types de guerriers qu'on trouve dans le monde.
De la même manière, bhikkhus, il y a cinq types d'individus semblables à des guerriers que l'on trouve parmi les bhikkhus. Quels sont ces cinq?
Il y a le cas où un bhikkhu vit en dépendance d'un certain village ou d'une ville. Le matin tôt, ayant mis ses robes, emportant son bol et sa robe extérieure, il se rend au village ou à la ville pour ses aumônes, avec son corps, sa parole et son esprit non protégés, avec une attention non établie, avec ses facultés sensorielles non surveillées. Là, il voit une femme habillée incorrectement ou à moitié nue. En la voyant ainsi habillée incorrectement ou à moitié nue, la lubricité ravage son esprit. Ayant un esprit ravagé par la lubricité, sans renoncer à l'entraînement, sans déclarer sa faiblesse, il s'engage dans un rapport sexuel.
Cet individu, je vous le dis, est comme le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le terrassent et l'achèvent. Il y a des individus de ce type. Voici le premier type d'individu semblable à un guerrier que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Il y a le cas où un bhikkhu vit en dépendance d'un certain village ou d'une ville. Le matin tôt, ayant mis ses robes, emportant son bol et sa robe extérieure, il se rend au village ou à la ville pour ses aumônes, avec son corps, sa parole et son esprit non protégés, avec une attention non établie, avec ses facultés sensorielles non surveillées. Là, il voit une femme habillée incorrectement ou à moitié nue. En la voyant ainsi habillée incorrectement ou à moitié nue, la lubricité ravage son esprit. Ayant un esprit ravagé par la lubricité, il brûle en corps et en esprit. La pensée suivante lui vient à l'esprit: 'Et si je me rendais à l'ermitage et que je disais aux bhikkhus: "Amis, je suis assailli par le désir, submergé par le désir. Je ne peux pas continuer la brahmacariya. Je déclare ma faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, je renonce à l'entraînement, je vais retourner à la vie inférieure."' Il se dirige vers l'ermitage, mais avant d'y arriver, sur le chemin, il déclare sa faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, il renonce à l'entraînement et retourne à la vie inférieure.
Cet individu, je vous le dis, est comme le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis. Mais pendant qu'on le transporte vers sa famille et ses amis, avant de les avoir atteints, il meurt sur le chemin. Il y a des individus de ce type. Voici le second type d'individu semblable à un guerrier que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Il y a le cas où un bhikkhu vit en dépendance d'un certain village ou d'une ville. Le matin tôt, ayant mis ses robes, emportant son bol et sa robe extérieure, il se rend au village ou à la ville pour ses aumônes, avec son corps, sa parole et son esprit non protégés, avec une attention non établie, avec ses facultés sensorielles non surveillées. Là, il voit une femme habillée incorrectement ou à moitié nue. En la voyant ainsi habillée incorrectement ou à moitié nue, la lubricité ravage son esprit. Ayant un esprit ravagé par la lubricité, il brûle en corps et en esprit. La pensée suivante lui vient à l'esprit: 'Et si je me rendais à l'ermitage et que je disais aux bhikkhus: "Amis, je suis assailli par le désir, submergé par le désir. Je ne peux pas continuer la brahmacariya. Je déclare ma faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, je renonce à l'entraînement, je vais retourner à la vie inférieure."' Il se rend à l'ermitage, et dit aux bhikkhus: 'Amis, je suis assailli par le désir... je vais retourner à la vie inférieure.'
Alors ses compagnons dans la brahmacariya l'exhortent et l'instruisent: 'Le Bhagavā a déclaré que les plaisirs sensuels apportent peu de satisfaction et beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Le Bhagavā a comparé les plaisirs sensuels à un squelette,{1} apportant beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Il a comparé les plaisirs sensuels à un morceau de chair... à une torche d'herbes enflammée... à une fosse remplie de braises... à un rêve... à des biens empruntés... à des fruits sur un arbre... à un abattoir... à des lances et des épées... à un serpent venimeux, apportant beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Trouve la joie, ami, dans la brahmacariya. Ne déclare pas ta faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, ne renonce pas à l'entraînement, ne retourne pas à la vie inférieure.
Ainsi exhorté et instruit par ses compagnons dans la brahmacariya, il répond: 'Bien que le Bhagavā ait déclaré que les plaisirs sensuels apportent peu de satisfaction et beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore, je ne suis pas capable de continuer la brahmacariya. Je déclare ma faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, je renonce à l'entraînement, je vais retourner à la vie inférieure.' Et ainsi donc il déclare sa faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, il renonce à l'entraînement, et il retourne à la vie inférieure.
Cet individu, je vous le dis, est comme le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis, qui le soignent et s'occupent de lui, mais il meurt de sa blessure. Il y a des individus de ce type. Voici le troisième type d'individu semblable à un guerrier que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Il y a le cas où un bhikkhu vit en dépendance d'un certain village ou d'une ville. Le matin tôt, ayant mis ses robes, emportant son bol et sa robe extérieure, il se rend au village ou à la ville pour ses aumônes, avec son corps, sa parole et son esprit non protégés, avec une attention non établie, avec ses facultés sensorielles non surveillées. Là, il voit une femme habillée incorrectement ou à moitié nue. En la voyant ainsi habillée incorrectement ou à moitié nue, la lubricité ravage son esprit. Ayant un esprit ravagé par la lubricité, il brûle en corps et en esprit. La pensée suivante lui vient à l'esprit: 'Et si je me rendais à l'ermitage et que je disais aux bhikkhus: "Amis, je suis assailli par le désir, submergé par le désir. Je ne peux pas continuer la brahmacariya. Je déclare ma faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, je renonce à l'entraînement, je vais retourner à la vie inférieure."' Il se rend à l'ermitage, et dit aux bhikkhus: 'Amis, je suis assailli par le désir... je vais retourner à la vie inférieure.'
Alors ses compagnons dans la brahmacariya l'exhortent et l'instruisent: 'Le Bhagavā a déclaré que les plaisirs sensuels apportent peu de satisfaction et beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Le Bhagavā a comparé les plaisirs sensuels à un squelette, apportant beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Il a comparé les plaisirs sensuels à un morceau de chair... à une torche d'herbes enflammée... à une fosse remplie de braises... à un rêve... à des biens empruntés... à des fruits sur un arbre... à un abattoir... à des lances et des épées... à un serpent venimeux, apportant beaucoup de souffrance, beaucoup de désespoir et des dangers plus grands encore. Trouve la joie, ami, dans la brahmacariya. Ne déclare pas ta faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, ne renonce pas à l'entraînement, ne retourne pas à la vie inférieure.
Ainsi exhorté et instruit par ses compagnons dans la brahmacariya, il répond: 'Je vais m'exercer, amis. Je vais me rappeler. Je trouverai la joie dans la brahmacariya. Je ne déclarerai pas encore ma faiblesse vis-à-vis de l'entraînement, je ne renoncerai pas à l'entraînement, je ne retournerai pas à la vie inférieure.
Cet individu, je vous le dis, est comme le guerrier qui, prenant son épée et son bouclier, sanglant son arc et son carquois, se jette au coeur de la bataille. Là, dans la bataille, il se démène et s'efforce. Mais pendant qu'il se démène et qu'il s'efforce, ses opposants le blessent. Il est extrait de la bataille et on le transporte vers sa famille et ses amis, qui le soignent et s'occupent de lui, et il guérit de sa blessure. Voici le quatrième type d'individu semblable à un guerrier que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Il y a le cas où un bhikkhu vit en dépendance d'un certain village ou d'une ville. Le matin tôt, ayant mis ses robes, emportant son bol et sa robe extérieure, il se rend au village ou à la ville pour ses aumônes, avec son corps, sa parole et son esprit protégés, avec une attention établie, avec ses facultés sensorielles surveillées.
Lorsqu'il voit une forme avec l'oeil, il ne saisit pas son signe principal ni ses détails par lesquels, s'il demeurait sans restreinte vis-à-vis de la faculté de l'oeil, des états mentaux mauvais et akusalas, tels que le désir ou l'affliction pourraient l'assaillir. Il pratique la restreinte, il surveille la faculté de l'oeil, et il acquiert la restreinte vis-à-vis de l'oeil.
Lorsqu'il entend un son avec l'oreille...
Lorsqu'il sent une odeur avec le nez...
Lorsqu'il goûte une saveur avec la langue...
Lorsqu'il ressent un phénomène corporel avec le corps...
Lorsqu'il perçoit un phénomène mental avec l'esprit, il ne saisit pas son signe principal ni ses détails par lesquels, s'il demeurait sans restreinte vis-à-vis de la faculté de l'esprit, des états mentaux mauvais et akusalas, tels que le désir ou l'affliction pourraient l'assaillir. Il pratique la restreinte, il surveille la faculté de l'esprit, et il acquiert la restreinte vis-à-vis de l'esprit.
Au retour de sa tournée d'aumônes, après son repas, il se rend dans un endroit isolé: la pleine nature, le pied d'un arbre, une montagne, un vallon, une grotte à flanc de colline, un charnier, un bois, l'air libre, une meule de foin. S'étend rendu dans un endroit isolé, la pleine nature, le pied d'un arbre, une montagne, un vallon, une grotte à flanc de colline, un charnier, un bois, l'air libre, une meule de foin, il s'assoit jambes croisées, maintient son corps droit, et fixe son attention autour de la bouche.
Abandonnant la convoitise envers le monde, il demeure avec un esprit sans convoitise. Il purifie son esprit de la convoitise. Abandonnant l'aversion et la malveillance, il demeure avec un esprit sans malveillance, ayant de la sympathie pour le bien-être de tous les êtres vivants. Il purifie son esprit de l'aversion et de la malveillance. Abandonnant la paresse et la somnolence, il demeure avec un esprit sans paresse ni somnolence, sato et sampajāno, percevant la lumière. Il purifie son esprit de la paresse et la somnolence. Abandonnant l'agitation et l'anxiété, il demeure imperturbé avec un esprit intérieurement tranquille. Il purifie son esprit de l'agitation et l'anxiété. Abandonnant le doute, il demeure en ayant traversé au-delà de l'incertitude, n'ayant aucun doute en ce qui concerne les états mentaux kusalas. Il purifie son esprit du doute.
Ayant abandonné ces cinq obstacles, souillures de l'esprit qui affaiblissent le discernement (la sagesse), suffisamment détourné de la sensualité, détourné des états mentaux akusalas, entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné de sukha et de pīti engendrés par l'isolement, et de vitakka-vicāra. Avec l'apaisement de vitakka-vicāra, il entre et demeure dans le second jhāna, qui est accompagné de tranquillité intérieure, de sukha et de pīti engendrés par la concentration, ainsi que de l'unification de l'esprit, délivré de vitakka et de vicāra. Avec l'atténuation de pīti, demeurant équanime, attentif et sampajāno, ressentant sukha dans le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, dont les êtres nobles déclarent: 'upekkhako satimā sukhavihārī'. Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, après la disparition préalable de la joie et de la tristesse, il entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui est accompagné d'une purification de l'attention par l'équanimité et de l'absence de plaisir et de douleur.
Ayant un esprit ainsi concentré, purifié, clair, sans tâche, délivré des souillures, souple, malléable, stable et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige et l'incline vers la connaissance de la cessation des āsavas. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici la souffrance'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici la cause la souffrance'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici la cessation souffrance'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici le sentier menant à la cessation de la souffrance'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici les āsavas'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici la cause des āsavas'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici la cessation des āsavas'. Il distingue, yathābhūtaṃ: 'Voici le sentier menant à la cessation des āsavas'. Son esprit, doué d'une telle connaissance, d'une telle vision, est délivré de l'āsava de kāma, l'āsava du devenir, l'āsava de l'ignorance. Avec la délivrance, il y a la connaissance: 'Délivré'. Il comprend: 'C'en est fini de la naissance, la brahmacariya a été menée à son terme, la tâche a été accomplie. Il n'y a rien de plus pour ce monde.'
Voici ce que la victoire dans la bataille représente dans son cas. Cet individu, je déclare, est semblable au guerrier qui est capable de faire face au nuage de poussière, au haut des bannières de l'ennemi, au tumulte, et au corps-à-corps. Lorsqu'il gagne la bataille, victorieux au combat, il sort du tout devant de la bataille. Il y a des individus de ce type. Voici le cinquième type d'individu semblable à un guerrier que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Voici, bhikkhus, quels sont les cinq types d'individus semblables à des guerriers que l'on trouve parmi les bhikkhus.
Notes
1. comparé les plaisirs sensuels à un squelette: pour le détail de cette comparaison et des six suivantes, voir la section correspondante de MN 54.
d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu
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