Le Bouddha explique à Mahānāma qu'au moment de la mort, c'est l'état d'esprit qui a été cultivé tout au long de la vie qui constitue la force directrice, et non l'état de confusion qui peut éventuellement la précéder.
En une occasion, le Bhagavā demeurait parmi les Sakyas, près de Kapilavatthu, dans le parc de Nigrodhā. En cette occasion, Mahānamā le Sakya vint voir Bhagavā et à son arrivée, lui ayant rendu hommage, s'assit d'un côté. Lorsqu'il fut assis là, il dit au Bhagavā:
– Bhante, cette ville de Kapilavatthu est riche et
prospère, peuplée et bondée, ses rues sont remplies. Parfois, le soir, lorsque j'y retourne après avoir visité le Bhagavā, ou des
bhikkhus qui inspirent l'esprit, je rencontre un éléphant qui s'enfuit en galopant, un cheval qui s'enfuit galopant, une charrette qui s'enfuit
à toute vitesse, un chariot qui s'enfuit à toute vitesse, ou une personne qui s'enfuit en courant. En de tels moments, mon attention envers le
Bhagavā devient embrouillée, mon attention envers le Dhamma devient embrouillée, et mon attention envers le Saṅgha devient embrouillée. La pensée
suivante apparaît en moi: 'Si je devais mourir maintenant, quelle serait ma destination? Quelle serait ma course future?'
– N'aie crainte, Mahānamā. N'aie crainte. Ta mort ne sera pas mauvaise, ton décès ne sera pas mauvais. Si l'esprit a été longtemps nourri
de conviction, nourri de vertu, nourri d'apprentissage, nourri de renoncement, nourri de sagesse, alors le corps -doué de forme, composé
des quatre éléments primaires, né d'un père et d'une mère, nourri avec du riz et du porridge, sujet à l'inconstance, faux frottements, aux pressions, voué à la
dissolution et à la dispersion- est mangé par les corbeaux, les vautours, les faucons, les chiens, les hyènes, ou toutes sortes de créatures.
Quoi qu'il en soit, l'esprit -longtemps nourri de conviction, de vertu, d'apprentissage, de renoncement, de sagesse- s'élève vers le haut
et s'en sépare.
Suppose qu'un homme jette une jarre de ghī (beurre) ou d'huile dans un lac profond, où elle se briserait. Les tessons et les fragments de jarre
descendraient vers le fond, alors que le ghī ou l'huile s'élèverait vers le haut et se séparerait du reste. De la même manière, si l'esprit a été longtemps nourri
de conviction, nourri de vertu, nourri d'apprentissage, nourri de renoncement, nourri de sagesse, alors le corps -doué de forme, composé
des quatre éléments primaires, né d'un père et d'une mère, nourri avec du riz et du porridge, sujet à l'inconstance, aux frottements, aux pressions, voué à la
dissolution et à la dispersion- est mangé par les corbeaux, les vautours, les faucons, les chiens, les hyènes, ou toutes sortes de créatures,
mais l'esprit -longtemps nourri de conviction, de vertu, d'apprentissage, de renoncement, de sagesse- s'élève vers le haut
et s'en sépare.
N'aie crainte, Mahānamā. N'aie crainte. Ta mort ne sera pas mauvaise, ton décès ne sera pas mauvais.
d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu
et Connected Discourses of the Buddha de Bhikkhu Bodhi.
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